Chanson douce – Leila Slimani

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

 

 

 

Chanson douce de Leïla Slimani est un roman dont on a beaucoup entendu parler depuis son obtention du prix Goncourt en novembre 2016. Ce titre a été énormément apprécié par ses lecteurs et a inondé petit à petit la blogosphère.

 

Surtout ne vous fiez pas au titre. Vos attentes de douceur et de tendresse seront mises à plat dès la première phrase. Si vous aimez vous attacher aux personnages, passez votre chemin. « Le bébé est mort » En voilà un roman qui commence particulièrement fort et nous plonge directement dans une ambiance tendue comme il faut !

 

Lorsque Paul et Myriam embauchent l’irréprochable Louise pour garder leurs deux enfants, tout semble merveilleux. Cette femme semble prête à tout pour soulager ce couple débordé par leurs postes respectifs mais ces derniers les aveuglent. Le lecteur se rend très vite compte que quelque chose cloche avec la nourrice, dont on connaît tellement peu et qui s’immisce tant que possible dans leur quotidien. Cela va tellement loin qu’il est impossible de se demander comment les parents arrivent à ne rien voir même si on comprend bien vite que, pour eux, seules comptent leurs carrières respectives… Tant pis pour la famille !

 

De plus, il faut préciser que seul le portrait de Louise est brossé et à peu près approfondi. On ne peut voir que ses failles à elle. Les autres personnages sont tellement absents, dans leurs propres vies, que le lecteur pourrait aisément oublier que Adam et Mila ont des parents !

 

Ou alors cela vient de la façon dont Leïla Slimani a construit son texte avec une écriture, sèche, directe et sans fioritures : on sait comment cette histoire finit et l’explication (enfin l’embryon d’explication) apparaît comme logique et inéluctable. Ce roman n’est clairement pas fait pour les lecteurs qui aiment la surprise mais plutôt pour ceux qui cherchent la description caricaturale, quasi complète d’un fait divers. Aucune révélation n’arrive pour expliquer ce terrible passage à l’acte.

 

Pourtant, l’auteur aurait pu facilement approfondir (voire traiter) certains thèmes qu’elle laisse affleurer à la surface de Chanson Douce : la solitude, les pièges du carriérisme, les failles de l’actuelle société où l’on hésite pas à écraser certaines personnes pour avoir sa place…

 

Si vous voulez absolument lire un roman primé, pour pouvoir frimer en société, vous arriverez facilement au bout de Chanson Douce… mais soyons honnêtes, il ne vous apportera rien de plus que le plaisir d’avoir lu un Goncourt.

Chanson douce

Leïla Slimani

Gallimard (NRF)

2016

227 pages

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2 réflexions sur “Chanson douce – Leila Slimani

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