Toutes les vagues de l’océan – Victor del Arbol

Gonzalo Gil reçoit un message qui bouleverse son existence : sa soeur, de qui il est sans nouvelles depuis de nombreuses années, a mis fin à ses jours dans des circonstances tragiques. Et la police la soupçonne d’avoir auparavant assassiné un mafieux russe pour venger la mort de son jeune fils. Ce qui ne semble alors qu’ un sombre règlement de comptes ouvre une voie tortueuse sur les secrets de l’histoire familiale et de la figure mythique du père, nimbée de non-dits et de silences.
Cet homme idéaliste, parti servir la révolution dans la Russie stalinienne, a connu dans l’enfer de Nazino l’incarnation du mal absolu, avec l’implacable Igor, et de l’amour fou avec l’incandescente Irina. La violence des sentiments qui se font jour dans cette maudite “île aux cannibales” marque à jamais le destin des trois protagonistes et celui de leurs descendants. Révolution communiste, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, c’est toujours du côté de la résistance, de la probité, de l’abnégation que ce parangon de vertu, mort à la fleur de l’âge, a traversé le siècle dernier. Sur fond de pression immobilière et de mafia russe, l’enquête qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone rebat les cartes du passé. La chance tant attendue, pour Gonzalo, d’ébranler la statue du commandeur, de connaître l’homme pour pouvoir enfin aimer le père.
Toutes les vagues de l’océan déferlent dans cette admirable fresque d’un xxe siècle dantesque porteur de toutes les utopies et de toutes les abjections humaines.

Victor del Arbol fait partie de ces auteurs dont les qualités littéraires ne se démentent pas, roman après roman. En 2012, il signait La tristesse du samouraï où il séparait un fils d’une mère, assassinée. Dans cette même veine, sombre et noire, l’auteur publiait La Maison des chagrins, en 2013.

Avec Toutes les vagues de l’océan, le lecteur a entre ses mains, une œuvre encore très ambitieuse nous offrant une immense fresque familiale dans un XXème siècle souvent secoué.Victor del Arbol semble prendre un malin plaisir de nous emmener dans les camps staliniens en Sibérie, dans les combats de la Guerre d’Espagne, dans la seconde guerre mondiale… On comprend vite à quel point la moindre parole joue sur l’avenir d’une famille, sur plusieurs générations !

 

Le ton est donné rapidement, dès les premières pages. Nous sommes en 2001, à quelques encablures de Barcelone. Un jeune garçon est volontairement noyé. Sympathique, n’est-ce pas ? Mais pourquoi ?

 

Cet événement va obliger Gonzalo Gil, père de famille et avocat, à ouvrir un album de famille, chargé de deuils, de douleurs et de non-dits. En effet, ce garçon était son neveu et la sœur de Gonzalo se suicide, ne supportant pas le décès de son fils. Les époques et les personnages vont venir se télescoper sur fond d’industries mafieuses et prostitution enfantine.

 

Que les personnages, jamais négligés, sont denses et travaillés au contexte familial et social particulièrement complexe et documenté ! Victor del Arbol a un sens de la psychologie particulièrement fin et une écriture particulièrement puissante et foisonnante de détails tous essentiels dans la remise en question de l’image paternelle.

 

Ancien policier et historien de formation, Victor del Arbol reste fidèle à lui-même et à cette littérature espagnole de qualité qui se nourrit son histoire, parfois sombre et dramatique. C’est sans crainte qu’il faut aborder ces 600 pages.

Toutes les vagues de l’océan, Victor del Arbol, Actes Sud, 2015, 596 pages

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