Manderley for ever – Tatiana de Rosnay

«La nuit dernière, j’ai rêvé que je retournais à Manderley…» : la phrase qui ouvre le roman Rébecca a fait rêver des générations de lecteurs. Tout le monde connait L’Auberge de la Jamaïque, Rebecca ou Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock, mais l’auteur des oeuvres qui l’ont inspiré, Daphné du Maurier (vendue pourtant à des millions d’exemplaires et traduite en une quarantaine de langues), est aujourd’hui tombé dans l’oubli. Pourquoi Daphné du Maurier est-elle considérée comme un auteur de romans féminins, alors que ses histoires sont souvent noires et dérangeantes ? Que sait-on vraiment de son lien étroit avec la France, de ses liaisons longtemps tenues secrètes, des correspondances ténues que son oeuvre entretient avec sa vie, et dans laquelle elle parle beaucoup de son histoire familiale ? Portrait d’un écrivain par un autre écrivain, Manderley décrit minutieusement une vie aussi mystérieuse que l’oeuvre qu’elle sous-tend – toute de suspense psychologique –, et met en lumière l’amour fou de cette femme pour son manoir de Cornouailles. Un portrait tout en nuances de la plus énigmatique des romancières britanniques, mais davantage encore : un voyage littéraire sur les traces d’un des plus grands auteurs de best-sellers de son époque, méprisé par la critique mais adulé du public.
Si vous me suivez,vous savez que j’ai découvert récemment (et avec plaisir) Daphné du Maurier avec deux de ses grands succès : « Rebecca » et « Ma cousine Rachel ».  A l’aube du mois anglais, ça tombait au poil ! Ayant une certaine affection pour les écrits de Tatiana de Rosnay, « Manderley for ever » me tentait depuis sa sortie. Bref, c’était l’occasion de découvrir une autrice dont plusieurs textes ont inspiré Hitchcock, autrement que par ses textes. A travers une plume que je connais et une biographie romancée. Cela ne plaira pas à tout le monde, d’autant que le texte est conçu comme un reportage. Perso, les biographies au carré ne m’intéressent souvent que pour une recherche/un travail particulier.
Tatiana de Rosnay présente une Daphné de Maurier comme je me l’imaginais à travers ses écrits : audacieuse, indépendante, libre, impertinente, qui regrette d’être née fille… et surtout terriblement moderne. On retrouve plusieurs fois dans le texte, une plume dans le processus houleux de la création littéraire. Et surtout, dans « Manderley for ever », on prend conscience de l’importance des lieux pour l’autrice : Menabily (qui a inspiré Manderley, dans « Rebecca »), Ferryside et Kilmarth… Combien de fois ai-je pensé à Colette et la maison de son enfance, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, Rozven et la Treille-Muscate (entre autre) ? Beaucoup. Les deux autrices ont plus d’un point commun : une double nationalité anglo-française, une double culture (forcément), des best-sellers, ont écrit des biographies….
Ce livre peut être une bonne entrée en matières.
Manderley for ever, Tatiana de Rosnay
Le livre de poche, 2016
522 pages
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