Rebecca – Daphné du Maurier

Sur Manderley, superbe demeure de l’ouest de l’Angleterre, aux atours victoriens, planent l’angoisse, le doute : la nouvelle épouse de Maximilien de Winter, frêle et innocente jeune femme, réussira-t-elle à se substituer à l’ancienne madame de Winter, morte noyée quelque temps auparavant ? Daphné du Maurier plonge chaque page de son roman – popularisé par le film d’Hitchcock, tourné en 1940, avec Laurence Olivier et Joan Fontaine – dans une ambiance insoutenable, filigranée par un suspense admirablement distillé, touche après touche, comme pour mieux conserver à chaque nouvelle scène son rythme haletant, pour ne pas dire sa cadence infernale. Un récit d’une étrange rivalité entre une vivante – la nouvelle madame de Winter – et le fantôme d’une défunte, qui hante Maximilien, exerçant sur lui une psychose, dont un analyste aurait bien du mal à dessiner les contours avec certitude.

 

« Rebecca » est dans ma PAL depuis plusieurs années. 10 ans d’après la date inscrite sur la première page… Oups ! Il m’aura fallu un confinement pour me décider à le lire. Forcément, les librairies sont fermées jusqu’à nouvel ordre.
Ce grand succès de Daphné du Maurier (1903-1989) m’a surprise. Déjà, je m’imaginais que l’autrice avait vécu au XIXème siècle et une histoire qui se passerait à la même période. Mais non.
Bienvenue dans l’Angleterre des années 1920/1930. Quand Maxim de Winters, le quarantenaire, rencontre une toute jeune femme naïve, timide,  angoissée et d’un autre milieu, il est en voyage à Monte-Carlo, et vient à peine de perdre Rebecca, sa première épouse. Pourtant, juste 11 mois après cette perte, il se remarie et revient à Manderley. La nouvelle épouse (qui est la narratrice) doit alors apprendre à vivre dans un immense manoir, avec des employés. Mais ce n’est pas évident car le fantôme de Rebecca est omniprésent : partout, tout le temps. Évidemment, quand Mrs , la vieille gouvernante, est là, l’ambiance s’alourdit encore. Daphné du Maurier a tout fait pour qu’on ne cesse de comparer la première et la deuxième Mme de Winters. D’ailleurs, on se demande vraiment pourquoi Maxim a voulu épouser notre narratrice, tant elle semble en dessous de tout. Le fait qu’on ne connaisse même pas son prénom renforce véritablement ce sentiment. On a l’impression qu’elle ne mérite même pas d’avoir sa propre place.
Honnêtement, j’ai mis un peu de temps à rentrer dans cette histoire. Il a fallu arriver à Manderley et que la tension monte pour que je m’y plonge, sans arriver à lâcher le roman. Au final, il y a un bel équilibre entre les descriptions, les actions et les dialogues, dans une ambiance étouffante et tendue, parfaitement retranscrite. Tous les personnages, même les secondaires, sont parfaitement travaillés. L’autrice semble aussi se jouer des genres. Elle nous propose tour à tour : roman initiatique, roman policier, roman gothique et drame.
Malgré tout, j’ai appris que la première traduction (celle que j’ai lu, évidemment…) avait été amputée de certains passages. Je ne saurais donc que vous conseiller de prendre la nouvelle traduction d’Anouk Neuhoff.
Rebecca, Daphné du Maurier
Le Livre de Poche, 2013
448 pages

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8 réflexions sur “Rebecca – Daphné du Maurier

  1. Je l’ai lu en anglais alors je n’ai pas eu ce soucis de traduction mais c’est vrai que ça peut tout changer dans le style et certains éléments tronqués. Je suis fan de Du Maurier et Rebecca reste un coup de cœur. Comme toi je l’avais imaginé d’une autre époque alors que c’était en réalité beaucoup plus moderne.

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