No Home – Yaa Gyasi

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.

Il y a des romans que je n’aurais pas lus si je n’avais pas pu les emprunter. No Home en fait partie. L’esclavage et la conditions des noirs sont des sujets souvent abordés voire glissants. Yaa Gyasi aurait pu aisément nous proposer quelque chose déjà vu/ennuyeux/documentaire. Et bien, pas du tout. Et pourtant, elle réussit à garder une certaine objectivité, malgré ses origines. L’auteure a posé des mots et un regard simple, d’une fluidité absolue, sur l’histoire qu’elle nous raconte. Et heureusement. En effet, cet ambitieux roman s’ouvre sur le Ghana, au XVIIIè siècle pour continuer aux Etats-Unis. L’histoire s’étale sur près de trois siècles et on suit 7 générations à partir d’Effia et Esi. On pourrait s’y perdre très facilement. Petit à petit, les origines de certains conflits s’éclairent et on réalise qu’une fois de plus, il n’y a pas des grands coupables et de pauvres victimes. La réalité est un peu plus nuancée. Certaines tribus africaines n’ont pas hésité à négocier avec les esclavagistes.

Les amateurs de romans historiques et de fresques familiales devraient apprécier ce roman où on ne sait plus quand la fiction s’arrête pour laisser place à la réalité.

 

No Home – Yaa Gyasi

Le Livre de poche, 2018

480 pages

 

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