Nos 14 novembre – Aurélie Silvestre

« C’était un vendredi, la vie était belle ». Le cauchemar est arrivé un soir de novembre sans crier gare et la vie d’Aurélie ne sera plus jamais comme avant. Matthieu avait prévu de rentrer tôt après le concert d’Eagles of Death Metal. A 21h46, il lui envoie son dernier texto : « ça, c’est du rock ». Quelques secondes plus tard, les terroristes entrent au Bataclan et font basculer des dizaines de familles dans l’horreur. Matthieu ne reviendra pas. Aurélie, au moment du drame, est mère de leur fils de trois ans et enceinte de cinq mois. Entre deuil et naissance, le livre raconte, d’un automne sanglant à un printemps layette, le combat invisible et émouvant d’une jeune femme qui ne veut pas renoncer à l’énergie, à la joie et au bonheur. Comment préparer une naissance lorsque l’on pleure le père de l’enfant à venir ? Comment rebondir quand tout vous assigne au statut décourageant de victime ? En partant de photos qui disent la quotidienneté de l’absence et la puissance de la vie qui s’accroche, elle témoigne de ce que fut une histoire d’amour assassinée et de ce que sera sa famille, amputée mais debout. Quand la vraie vie ressemble à une tragédie où la mort et la vie se livrent un combat féroce.

Depuis la création du blog, peu de témoignages apparaissent sur le blog. Premièrement, j’en lis très rarement car cela me met mal à l’aise. Et, deuxièmement, ce genre de textes me semble toujours particulièrement compliqué à chroniquer.

Comment oser poser un regard critique sur le vécu d’un événement par une personne ? Si j’ai toujours été convaincue par la fonction cathartique de l’écriture, je m’interroge encore, parfois, sur l’intérêt de la publication du texte. Évidemment, on peut toujours dire : pour le souvenir, pour l’Histoire. En l’occurrence, nous sommes dans une période où les attentats se multiplient. Lesquels vont perdurer dans nos souvenirs ? Cela rend-il caduque les témoignages publiés sur les autres événements ? En bref, les témoignages provoquent toujours beaucoup d’interrogations, chez moi et ce n’est jamais très agréable.

Revenons à nos moutons, Nos 14 novembre d’Aurélie Silvestre fait référence aux attentats parisiens du 13 novembre 2015. Alors que l’auteur, enceinte au moment des faits, s’occupe de Gary, son fils ainé, Mathieu, le père de ses enfants, est au Bataclan. Il lui enverra un dernier SMS à 21h46, avant de tomber sous les balles des terroristes.

Nos 14 novembre, c’est l’histoire de l’avant, du pendant et de l’après. Du bonheur, de l’effroi et de la reconstruction. Avec toutes les étapes intermédiaires. Souvent douloureuses.

Le récit, mis en valeur par une mise en page aérée et originale, est émaillé de photos personnelles. Cela rend le livre d’autant plus bouleversant.

Ce témoignage ne relate pas seulement l’histoire d’un terrible drame, c’est aussi un superbe hommage à l’amour qui a uni Aurélie et Mathieu.

Nos 14 novembre, Aurélie Silvestre

JC Lattès, 2016

276 pages

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Une réflexion sur “Nos 14 novembre – Aurélie Silvestre

  1. J’ai presque eu des frissons rien qu’en lisant le résumé… Ce genre de lectures qu’on sait qu’on devra lire, même si ça nous fait passer par des moments éprouvants. J’en prends bonne note !

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