La colère de Kurathi Amman

Un roman coup de poing par la nouvelle voix forte de la littérature indienne.
« Tu veux que je comprime la tragédie au format Twitter ? Comment peut-on se glisser ainsi au coeur des ténèbres ? »
Comment transformer un drame en fiction ? Pourquoi écrire sur une tuerie qui a eu lieu il y a plus de quarante ans en Inde et sur ses quarante-quatre victimes oubliées par l’histoire ?
À travers les voix aussi diverses que celles des intouchables ou des propriétaires terriens, l’auteur décrit ce massacre, se plaçant sous le patronage de l’irascible déesse Kurathi Amman. Au-delà de l’émotion et de la colère provoquée par ces faits, l’auteur pose la question de la fiction et de ses limites en n’hésitant pas à malmener son lecteur. Ce roman tendu, entre rage contenue, lyrisme et humour grinçant, nous donne un aperçu des forces qui ont contribué à la création de l’Inde moderne. 

Et, oui, voilà encore, aujourd’hui, un roman de la Rentrée Littéraire, qui sortira le 24 Août 2017. La Colère de Kurathi Amman est, aussi loin que je me souvienne, ma première plongée dans la littérature indienne. Ce fut une expérience aussi surprenante que dépaysante. Pour ceux qui ne connaissent pas l’Inde, sa culture et son histoire, ce roman promet d’être instructif et exigeant. En effet, ce titre plonge ses lecteurs dans le massacre du 25 décembre 1968, dans leur relation au communisme, en donnant voix aux différentes castes, des intouchables aux propriétaires terriens. En parallèle de cette histoire, Meena Kandasamy, jeune trentenaire, propose des réflexions quant à l’écriture d’un roman. Déstabilisant dans un premier temps, difficile de ne pas prendre goût à ces passages souvent teintés d’ironie parfois acide, dont la justesse se pose comme indiscutable. Parlons de la traduction. Elle n’est pas la langue originale mais est censée nous en donner un reflet le plus proche possible…et il faut le dire, ce texte ne sera probablement pas accessible à tous par rapport au style et au niveau de langue, passant régulièrement la limite du soutenu.

Entre une écriture et un monde dont je n’ai pas l’habitude, ce roman m’a résisté comme cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Si vous êtes comme moi, prévoyez un temps plus long que d’habitude pour votre lecture… et un temps pour le digérer.

La colère de Kurathi Amman, Meena Kandasamy

Plon (Feux Croisés), 2017

272 pages

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