Mina Loy, éperdument – Mathieu Terence

La vie de Mina Loy tient du roman autant que de la légende. Née dans l’Angleterre victorienne et morte dans l’Amérique des sixties, elle a traversé deux guerres, vécu sur trois continents et dans les plus belles villes, de New York à Paris en passant par Mexico, frayé avec toutes les écoles de la modernité, du futurisme au féminisme, connu, parfois aimé, les grands génies de son temps, Marcel Duchamp, Djuna Barnes, Joyce, Freud ou encore Picabia. Mariée jeune à un homme sans qualités, passionnément amoureuse du poète et boxeur Arthur Cravan qu’elle suivra, en pleine Seconde Guerre mondiale, jusqu’au Mexique où il disparaîtra en mer, elle aura quatre enfants dont deux mourront sans qu’elle les ait vraiment connus. Cosmopolite, intrépide et aussi seule que libre, elle fut poète, peintre, intellectuelle et essayiste, aventurière avant tout.
Si Mathieu Terence n’eut rien à inventer pour livrer le portrait de cette héroïne contemporaine, il fallait son talent d’écrivain pour traduire toute sa fougue et sa modernité. D’une langue sensible et puissante, il écrit pour la première fois sa légende et nous offre, non une biographie, mais un récit haletant dans lequel on découvre la vie hors norme de cette femme d’exception.

En ce moment, mes lectures tournent beaucoup de la Rentrée Littéraire 2017. Notez également ma curiosité du moment. Après avoir découvert des titres autobiographiques, tel Mon père, ma mère et Sheila, des biographies romancées comme Minuit, Montmartre, me voilà avec Mina Loy, éperdument de Mathieu Terence, texte biographique, de son état.

Lorsque j’ai ouvert ce livre, Mina Loy (1882-1966), artiste anglaise, m’était totalement inconnue et il m’a fallu faire quelques recherches afin de glaner quelques informations en commençant ma lecture.

Cette poétesse dont j’ai eu du mal à trouver quelques vers, a mené une vie totalement en décalage avec une époque où la femme passait encore des pantalons de son père à ceux de son mari. Mathieu Terence retranscrit parfaitement le caractère avant-gardiste de cette femme intrépide et de ses relations. Elle rencontrera Duchamps, Bracq, Ernst et Giacometti, entre autre.

En suivant sa vie aux quatre coins du monde, le lecteur assiste également à tous les changements du début du 20ème siècle, notamment l’apparition de la société de consommation, aux USA, dans les années 1950.

Ai-je apprécié Mina Loy, éperdument ? A vrai dire, si je lis peu de récits du genre, c’est que je les trouve souvent un peu indigestes à lire, trop distants. Ce texte n’échappe pas à cette impression alors qu’en ce moment, je lis beaucoup de textes biographiques et autobiographiques que j’ai appréciés. C’est dommage car le sujet ne manque absolument pas d’intérêt. Bien au contraire ! Ces femmes fortes et d’avant-garde, en décalage avec leur époque sont tout simplement fascinantes.

Mina Loy, éperdument

Mathieu Terence

Grasset

2017

234 pages

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