Il est de retour – Timur Vermes

A Berlin, en 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n’est pas content : quoi, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Tous ces Turcs qui ont pignon sur rue sont venus de leur plein gré ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour ça, il lui faut une tribune. Ca tombe bien, une équipe de télé, par l’odeur du bon filon alléchée, est toute prête à la lui fournir. La machine médiatique s’emballe et bientôt, le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise… Hitler est ravi qui n’en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste pour lui à porter l’estocade qui lui permettra d’accomplir enfin ce qu’il n’avait pu achever…

 

Ecrire un roman mettant en scène un certain Adolf Hitler, tout en le vendant à 19,33€, il fallait oser. Partagée entre l’envie et la peur d’entamer le roman, je l’ai acheté en poche dès sa sortie et il était resté dans ma PAL depuis.

Dès le premier chapitre, nous faisons connaissance de Hitler confronté à une nouvelle Allemagne dirigée par une femme, l’Union Européenne et sa monnaie, la télé, l’informatique… Cela provoque plus d’une situation cocasse avec de nombreux quiproquos et anachronismes.

Le choix de la narration à la première personne du singulier donne une sensation assez particulière au lecteur, en rendant le Führer étrangement proche de nous malgré ses idées toujours aussi extrémistes.
Malgré des passages très politisés et fastidieux à parcourir, Timur Vermes propose une satire mordante sur les médias, prêts à tout dès qu’il y a de l’argent et de l’audience à la clé. La première rencontre d’Hitler avec un poste de télévision et une émission de télé-réalité est certainement la plus parlante. Et la plus drôle.

En refermant ce livre, il y a une chose qui m’a fait peur. Très peur. Comme lorsqu’il était chancelier, les idées de l’homme font leur petit bonhomme de chemin dans la tête du peuple allemand et il réussit à réunir une équipe prête à se dévouer à sa cause aussi radicale soit-elle…

 

Pour finir, je ne pense pas que ce roman soit à mettre entre toutes les mains car il faut accepter qu’on puisse rire de tout.

 

PS : Cette critique n’est pas volontairement publiée en fonction de l’actualité politique du moment. Dans ma liste de chronique rédigées, c’est juste la plus vieille.

Il est de retour

Timur Vermes

Editions 10/18 (Littérature Etrangère)

2015

404 pages

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Une réflexion sur “Il est de retour – Timur Vermes

  1. Effectivement, pour moi on peut rire de tout mais pas avec tout le monde (ici, relation entre auteur et lecteur). Concernant l’intrigue, le comique de réputation m’a épuisée. Si au début, j’appréciais les pas chassés et les pointes lancées, je pensais que l’auteur allait se renouveler.

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