Un goût de cannelle et d’espoir – Sarah McCoy

 

Allemagne 1944. Naïve et innocente, Elsie traverse la guerre à l’abri de la petite boulangerie de ses parents et sous la protection d’un officier nazi, loin d’être indifférent à son charme. Lors de la soirée de Noël du parti, elle échappe de peu à un viol grâce à un petit garçon juif. Seul et sans défense, il demande à la jeune fille de le cacher. Prendra-t-elle le risque ? États-Unis, de nos jours. À quatre-vingts ans, Elsie s’active toujours derrière les fourneaux de sa boulangerie. Elle rencontre Reba, une journaliste venue l’interroger sur les fêtes de Noël du passé…

 

 

Sans être une fan invétérée des romans autour de la Seconde Guerre Mondiale (et ils sont fort nombreux!), il m’arrive, tout de même d’en lire assez régulièrement. Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, Max de Sarah Cohen-Scali et Le Chant du Rossignol de Kristin Hannah sont les dernières lectures que j’ai pu faire concernant cette période noire de l’Histoire (et pas seulement française !!).. En tout cas, ce sont les dernières dont je me souvienne et la première date d’il y a quasiment 10 ans lors de mes cours de littérature.

Il est des titres (trop nombreux !) que l’on croise régulièrement au détour de nombreux voyages sur la blogosphère, en librairies et en bibliothèques. Un goût de cannelle et d’espoir fait donc partie de ces romans que j’ai repéré et noté dès leur sortie en France, que j’ai acheté à leur sortie en poche et qui traînait depuis, dans ma Pile A Lire.

Aujourd’hui, je sais pourquoi j’ai hésité à me lancer puisque je suis partagée en refermant ce roman de 511 pages.

Durant la guerre, chez les Schmidt, on est boulangers passionnés et favorables au régime prôné par Hitler. Grâce à un officier SS, Josef, qui les a pris sous son aile, ils vont maintenir leur boutique à flots jusqu’à la fin. Josef Hub ne les a pas choisi au hasard. Il éprouve de la culpabilité par rapport à Hazel, la fille aînée, ainsi qu’un intérêt certain pour la jeune Elsie qu’il voit comme une future bonne épouse allemande, malgré son jeune âge.

En 2007, Reba Adams, la journaliste texane, doit écrire un article autour des fêtes de Noël. Cela va lui permettre de rencontrer Elsie, alors âgée de 79 ans. Le reportage que Reba prévoit n’est rien par rapport à la leçon de vie qu’elle s’apprête à recevoir. Voici ce que nous promet la quatrième de couverture. Hélas, cela nous laisse sur la faim car, Elsie ne révèle rien ou si peu

Afin de pouvoir faire le lien entre la généreuse et forte Elsie des années noires et celle contemporaine bien plus avare et secrète. Sarah McCoy propose un texte complètement éclaté. Le lecteur passe d’une période à une autre, en se posant des questions, en cherchant à faire le lien. Pourquoi Elsie, que la vie n’a pas épargnée, est-elle arrivée aux Etats-Unis? Pourquoi a-t-elle ouvert une boulangerie allemande, connaissant un certain succès, à Fort Bliss ?

S’il faut apprécier ce genre de construction et ne pas se perdre entre les temporalités, cela permet de donner un peu de dynamisme à cette histoire finalement sans surprises. En revanche, l’auteur aborde des sujets trop souvent survolés. Il est connu qu’à cette période, le gouvernement confisquait les objets de valeur appartenant aux juifs mais pour en faire quoi ? Vous verrez, si vous lisez le roman. De plus, comme dans Max de Sarah Cohen-Scali, le lecture est plongé dans toute l’horreur d’un lebensborn, cette association du Reich ayant pour but de développer une race aryenne pure. (Merci Wikipedia). Hazel, cette « bonne fille du Reich » (p.29 de l’édition Pocket) y fera naître 3 enfants et un événement survenu ici, causera sa perte.

Parallèlement à cette histoire,Un Goût de cannelle et d’espoir, c’est aussi une histoire vécue à travers Rikki (le compagnon de Reba) particulièrement actuelle concernant l’émigration des mexicains vers les Etats-Unis. Cependant, il faut avouer que cela tombe souvent comme un cheveu sur la soupe et il est bien difficile de faire le lien avec la vie d’Elsie.

Un goût de cannelle et d’espoir fait partie de ces (trop ?) rares récits sur la guerre se passant du côté allemand, dans une famille favorable au régime hitlérien et dont les personnages ne sont pas caricaturaux.

Ce roman est le premier de Sarah McCoy à avoir été traduit en français et publié dans l’hexagone. Un Parfum d’Encre et de Liberté a été publié en 2016, en grand format et en poche, le 02 février 2017.

Un goût de cannelle et d’espoir

Sarah McCoy

Pocket

2015

491 pages

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