Joyeux suicide et bonne année ! – Sophie de Villenoisy

«Tu fais quoi à Noël?
Moi je me suicide et toi?

Bien sûr, dit comme ça, ça peut paraître sinistre, mais à quarante-cinq ans c’est ma meilleure option. Ce n’est pas comme si je faisais des malheureux autour de moi. Comme si j’abandonnais mari et enfants. Je n’ai ni chien ni chat. Même pas un perroquet pour me pleurer.
Et puis ça me laisse deux mois pour faire connaissance avec mon vrai moi.
Deux mois c’est court. Ou long, ça dépend de ce qui se passe, en fait.

Tour à tour hilarant et émouvant, Joyeux suicide et bonne année est un antidote à la solitude, un hymne à la vie raconté avec finesse et impertinence par Sophie de Villenoisy.

Je préfère vous prévenir TOUT DE SUITE (oui, à ce point là !) que cette chronique risquait de partir un peu en vrille pour ce court roman de seulement 176 pages tant j’ai été surprise.

Joyeux suicide et bonne année ! N’est pas un roman qu’on m’a conseillé, n’est pas de ces titres que j’ai vu être encensés partout sur la blogosphère (ma principale source d’inspiration pour mes lectures)… mais je l’ai vu traîner ici et là. Avec un titre aussi prometteur que dangereux. Qui me faisait peur.

En choisissant ce livre, j’ai eu le sentiment de nous mettre le danger, le livre et moi ! En effet, avec un titre et un résumé aussi prometteurs et drôlatiques, c’était quitte ou double :

  • soit l’auteur maîtrisait sa petite affaire et c’était BANZAÏÏÏÏ ! (je vous avais prévenus!)

  • soit j’étais tombée sur un truc lourdingue et excessif…

J’avoue que le peu de pages m’a encouragé à jouer avec ma vie, sans mauvais jeu de mots. Evidemment. Et BINGO ! Me voilà qui hésite à mettre ce titre dans mes coups de cœur !

On commence la lecture de façon dramatique. A 45 ans, Sylvie, célibataire solitaire et sans enfants, se retrouve orpheline. Bam. Vas-y. Tu crois que tu vas rire en lisant le roman, après ça ? Alors ? Maintenant, tu tournes la page et tu te laisses porté par l’histoire. J’avoue, j’ai été absorbée très rapidement, malgré le portrait que Sylvie fait d’elle-même.

Je suis incapable de dire si je me suis attachée ou pas au personnage de Sylvie mais il faut reconnaître que Sophie de Villenoisy a fait un sacré travail autour de sa protagoniste en la décrivant simplement, aussi désespérée que cynique. Quant à Franck, son psychothérapeute, qu’en dire ? Lui aussi, il est au top. Il reçoit une femme désespérée qui lui annonce la date de sa mort. Jamais il ne la découragera. Par contre, il la mettra au défi.

Quant à la plume de l’auteur, on pourrait lui trouver des milliers de milliards de défauts (moi, exagérer ? JAMAIS !!) Il faut avouer que certains passages sont très proche de l’oralité et l’ensemble est assez simple y compris dans l’intrigue cousue de fil blanc mais c’est frais. Ça fait du bien tout en parlant d’un fléau dans notre société ultra-connectée : la solitude.

Évidemment, Joyeux suicide et bonne année manque de consistance et de fond pour faire partie de ces titres qui marquent durablement mais il est idéal pour se distraire.

Joyeux suicide et bonne année

Sophie de Villenoisy

Denoël

2016

176 pages

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