Trop loin la mer – Frédérique Niobey

Se faire des copains dans ce bled paumé? Rosa n’a vraiment pas envie, elle qui vient de la ville. Pour cause de fugues en série, la voilà placée dans un foyer, un Lieu de Vie comme ils disent, en pleine campagne et loin de sa bande… Heureusement, il y a la Dordogne. Cette rivière, si grande qu’on dirait un fleuve, attire Rosa. Un après-midi, sur un banc, elle croise Mona, une fille de village, et tout de suite elles deviennent de vraies copines. Mona, ça ne lui pose pas de problème de traîner avec une fille du Lieu de Vie. Même si pour ses parents, c’est ce qu’on appelle une mauvaise fréquentation…

Rosa est dure. Rosa est rebelle. Elle parle peu. Elle fugue sans cesse à la recherche de quelque chose. Mais quoi ? On ne sait d’elle que des choses qui ne devraient pas avoir lieu d’être. Un père parti pour une autre plus jeune, plus blonde, plus jolie. Une mère qui passe ses Dimanche à fumer et regarder des films, affalée dans des vieux joggings. L’ennui qui s’écoule sur « son » parking.

Alors , les services sociaux embarquent Rosa et l’envoient dans un Lieu de Vie périgourdin, sorte de foyer d’accueil minuscule. Elle va y rencontrer des personnages tout aussi caricaturaux qu’elle : Sister, la petite fille traumatisée par on-ne-sait-quoi et le Trio figés dans leur rôle de garçons de la cité et les éducateurs trop gentils et trop compréhensifs.

Mais Rosa n’est pas dupe. Tout lui est insupportable : la rencontre avec les éducateurs, les autres jeunes, les règles de vie, les activités collectives… Impossible pour elle de s’intégrer et de se soumettre aux règles…

Cette rage qui gronde, Rosa ne sait quoi en faire… Elle ne la fait pas vivre, ne suffit pas. Ce n’est pas avec cette colère qu’elle va pouvoir se construire. Alors Rosa fugue de nouveau grâce à la Dordogne.

A travers une écriture rythmée et épurée, Frédérique Niobey nous emmène à la rencontre des fragilités de Rosa, de son désir de comprendre. Le roman aborde avec douceur, tous les problèmes de l’adolescence en général : le sentiment d’être incompris, les malentendus, le conflit comme seule voie d’expression…

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Trop loin la mer, Frédérique Niobey, Editions du Rouergue (Daodo), 2011, 136 pages

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