Milady – Paul Morand

Générique de « Milady »

 

Au début du XXème siècle, le Commandant Gardefort, ancien Écuyer du Cadre Noir vit à Saumur avec sa jument Milady. Celle-ci est toute sa vie, Gardefort lui a comme donné naissance, la travaillant et la façonnant chaque jour, dans le but d’en faire un cheval juste, correspondant à ses idéaux. Les marques d’affection et le temps qu’il y consacre l’éloignent peu à peu de la vie sociale. Lorsque le Commandant est amené à divorcer de son épouse, il réalise qu’il ne peut garder sa jument et se met en quête de la solution la plus adaptée pour parfaire au bonheur et à l’équilibre sa plus grande complice qu’est Milady…

Enfin ! J’ai envie de dire. Enfin, j’ai lu cette nouvelle (66 pages seulement dans l’édition que j’ai empruntée). Dans le monde équestre, elle fait office de classique. J’ai connu ce titre à travers d’autres lectures, grâce à d’autres cavaliers et/ou Hommes de Cheval qui écrivent (Jean-Louis Gouraud, Jérôme Garcin…), aux références que faisaient certains magazines équestres… Je l’ai vu plus d’une fois sans le noter. Longtemps j’ai hésité à découvrir ce texte… J’ai osé avec la peur de connaitre l’histoire par coeur. Mais il fallait sauter le pas.

Il était grand temps que je fasse connaissance du Commandant Gardefort et de sa belle Milady. Il la façonne depuis sa naissance. Il la travaille chaque jour selon ses propres principes équestres.

Non de non ! Que j’ai aimé ce personnage dès les premières lignes ! Ce Monsieur qui a choisi sa ville et « son » Ecole (Saumur et l’Ecole de Cavalerie et du Train) au profit de sa carrière militaire. Son amour pour son poste d’Ecuyer au Cadre Noir a fini par lui coûter sa place mais ce n’est pas grave, au fond…

Que j’ai aimé ce personnage vivant une relation d’amour avec sa jument. D’ailleurs, si quelq’un sait quel grand maître prônait ce type d’équitation, cette légèreté…

J’ai adoré ce coup de coeur qu’il a eu pour cette jument de quatre ans, à priori banale. J’ai ri lorsqu’il demande le divorce… Son épouse n’était pas assez bonne cavalière. Je l’ai trouvé fou au moment du dénouement. Effectivement, il était fou… de sa jument !

D’abord publié en 1933, cette nouvelle est incroyablement bien écrite, terriblement juste. Jamais Paul Morand ne tombe dans le « trop technique » ou dans le sentimentalisme ou dans le misérabilisme… J’ai retrouvé Saumur à la perfection.

Un vrai chef d’oeuvre !


Milady de Paul Morand, 66 pages, Gallimard (Bibliothèque de la Pléïade), 1992

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